Il était une fois, dans un beau château, un très beau château, dans une contrée lointaine, vivait une princesse. Dire qu'elle répondait au nom de Mélusine serait exagéré vu qu'elle était sourde comme un pot...
Cette princesse était moyenne avec intensité, plus commune qu'une fosse et d'une banalité d'un nougat en plein Montélimar ou d'une tombe profanée en Alsace. Elle avait une silhouette oubliable sur une tête impossible à retenir. Impossible à retenir mais on se rappelait quand même d'une chose : elle était moche.
Son apparence était calquée sur sa vie, elle avait tricoté sa vie plate comme on grignote les bretzels insipides des apéritifs obligés chez de vagues parents qui vous donnent le mal de mer rien qu'en vous parlant du beau temps et vous envoient leur sempiternel « Ca va ? », « Oui ça va et toi ? », « Ben moi ça va et toi ? », « Ah moi ça va et toi ? », si bien qu'on espère que quelqu'un n'aille pas ou s'étouffe avec un Bretzel pour lancer un sujet de conversation.
Un grand peintre l'avait un jour représentée comme elle était toute la journée : un verre à la main et l'autre dans le nez. Le tableau avait déplu à tout le monde au château, toute la famille s'était levé à l'unisson (sauf la grand mère qui était paralysé) pour dénoncer le manque de travail du génie. « C'est un tableau bâclé » lui dit le roi. Le grand peintre dû se retenir de lui répondre que c'était le modèle qui avait été bâclé.
Les habitants des alentours l'avaient (affectueusement) surnommée « l'imbaisable ». Elle s'appelait Ignazatiette Crocronier de Bellaistro, ce qui n'arrangeait rien à son cas. Son père, le roi Poupoulhillac Crocronier de Bellaistro (reconnaissez que ce n'est pas mieux comme nom), désespérait de voir sa fille si...comment dire pour ne pas employer les mots du roi, vu que je veux rester dans la catégorie « Tout public » des éditions « J'ai tout lu maintenant je suis moins con »...disons disgracieuse.
Il faut souligner que l'immonde boudin, qui n'était pas sans rappeler Christine Boutin aux mieux de sa forme (c'est à dire assistant à une messe ou à un lynchage d'homosexuels), était fille unique. Hors le roi et la reine étaient fort contrits de ne point avoir de petits enfants. La reine quant à elle se dénommait gracieusement Pétonculine Croconier de Bellaistro Du Cabollâtre Glaireux (elle avait tenu à garder son aristocrate nom de jeune fille, « aristocrate » c'est pour ne pas être méchant), donc vous voyez bien qu'au fur et à mesure du récit c'est de pire en pire dans les noms à particule, particulièrement imposant comme particule (cher lecteur, dans cette phrase il y a un pléonasme et un jeu de mot, seras-tu les retrouver ? C'est encore mieux que jouons avec Tintin je trouve).
Et si nous nous débarrassions maintenant des autres merveilles nominales de la famille ?
Alors dans la famille Croconier de Bellaistro nous avons : Philistèraumi le cousin, Quaciopiture la grand mère, Bitoxouire le cousin d'Ignazatiette et Descente d'organe le berger allemand (de l'est). Nous ne nous attarderons pas sur le nom du chien, semblable au nom Capote trouée, qui fait partie de la vie privée de la grand mère, qui je vous le rappelle s'appelle Quaciopiture Croconier de Bellaistro, 98 ans, 33 chemin du vallon vert, veuve, 3 enfants, un dentier, maîtresse du roi de Niouniouti pendant 22 ans (le dernier enfant est d'ailleurs de lui, bizarrement personne ne s'est jamais demandé comment elle avait fait pour tomber enceinte 2 ans après la mort de son mari...). Mais n'insistez pas chers lecteurs, je ne vous révèlerez pas pourquoi le chien se dénomme ainsi, c'est une question d'étike...euh, d'étiqe, enfin d'onèteté. Merde. Oh et puis ne faîtes pas les enfants de ch½ur, on ne demande pas aux écrivains d'être pudiques ou d'avoir de la discrétion, est-ce qu'on demande aux curés de croire en dieu ? Oui ? Ah. Mais je m'écarte du sujet. Donc le roi et la reine ne savaient comment faire pour avoir des petits enfants. Ils avaient bien essayer pourtant de la marier, mais tous les soupirants se sont étrangement désistés au dernier moment, bizarrement au moment même où il voyait leur promise. « Pourtant elle est belle » s'écriait sa mère, « Je suis sûre qu'on pourrait la vendre sur le continent des sauvages pour 2 chameaux au moins ». « J'y songe de plus en plus » soupira le roi, « même ma fortune ne fait pas bander les hommes »
Le Roi pris alors une décision. « Puisque les nobles ne s'intéressent en aucun cas à ma fille et à mon argent, nous allons taper dans une autre catégorie : les gueux » s'exprima t'il, dans une appellation qui connota bien son sens de l'égalité sociale. A ce mot, la Reine frémit. En effet, il y a quelques années, elle avait frémit également dans les bras d'un gueux, éleveur porcin de son métier. Le fait qu'il n'était avec elle que par sa ressemblance avec une unité porcine ne lui traversa l'esprit que quand le membre de la plèbe lui demanda de faire le cri de la truie. Elle mit tout de suite fin à cette relation sans finir de s'embrailler et abandonna alors toute idée de plaisir extraconjugal et toute idée de plaisir tout court puisque le roi était plus occupé à pétrir une jeune boulangère royale mi-gueuse, mi-membre du clergé, mi-noble. Et pour ceux d'entre vous qui se disent qu'on ne peut pas faire trois mi, qu'ils aillent se faire pétrir chez banette ou souffler dans le manche au conservatoire si j'y suis.
Une annonce fût donc passée dans le célèbre quotidien La France (Le Monde n'existait bien évidemment pas encore, je dis bien évidemment parce que les chauffeurs de taxis qui font semblant, les académiciens qui se font dessus, les étudiants qui sont forcés, les profs qui se sentent obligés et Roselyne Bachelot, fidèle lectrice de la rubrique météo, bref tous les lecteurs actuels du Monde n'existaient pas encore, mais je m'éloigne encore du sujet).
Une annonce fût donc passée : « Jeune femme d'age mur, physique particulier, excellente situation (fille de...), cherche prince charmant, très patient et peu regardant, aveugle et cérébral qui ne jugent pas sur le physique bienvenue ». « Avec ça, nous allons avoir beaucoup de candidature » dit le Roi à sa femme, qui avait déjà sorti sa ceinture de chasteté, ses crucifix estampillés Vade retro Satanas, sa bombe lacrymogène et du lubrifiant au cas où les trois premiers artifices ne fonctionnaient pas.
Mais l'annonce n'eut pas le succès escompté. En effet, tous les gueux de la province connaissait le physique mi-naïade, mi-rat mouillé de Ignazatiette et là vous voyez bien que j'ai mis deux mi, donc m'emmerdez pas, d'autant plus qu'il faut deux fois deux mi pour faire un, donc quatre mi. Garçon, un verre d'eau avec une aspirine s'il vous plaît.
L'humiliation du Roi fût encore plus grande lorsque parût un article dans Ecce homo (qui se renomma ensuite sous son appellation française Voici l'homme qui donna ensuite Voici). L'article se nommait « Le Roi est dans le pétrin » avec une photo compromettante de sa majesté en train de se faire encroûter dans une partie boulangerie-fine. « C'est un scandale » s'écria le Roi à sa femme, qui n'écoutait pas, se demandant où est ce qu'elle avait mis les préservatifs XXL à la fraise qui lui servait jadis pour l'éleveur porcin. Actuellement elle ne trouvait que ceux de son mari les préservatifs XXS au concombre, lubrifié avec réservoir s'il vous plait madame la pharmacienne, voilà ça vous fera 8 euros mais je m'éloigne encore du sujet malgré mes remarques réitérées, et puis comme disait Christian Jacob, le ministre de la famille du premier gouvernement Raffarin : « Ce n'est pas en s'éloignant du sujet que l'on va repeupler la France ».
Le Roi s'en fût botter le cul du rédacteur en chef avec sa femme, qui en profitait un peu pour voir du monde, montrer ses robes et ses bijoux hors de prix, pour bien montrer au peuple à quoi servent les impôts. Mais une fois arrivé au journal, le Roi fût pris soudain de bonté et de clémence, devant l'espèce de molosse-colosse-sac d'os (chercher l'intrus) qui exerçait la fonction de rédacteur en chef. « Sachant que je mesure 1m65 et pèse 52 kgs mouillés, j'ai pris la bonne décision. » argua le Roi. « Vous avez pris la bonne décision, votre majesté prend toujours la bonne décision », s'exprima Nicolas Sarkosy qui passait par là on ne sait pas trop pourquoi... « J'espère n'avoir rien oublier dans les bureaux de ce cuistre pour ne plus jamais avoir à y retourner » dit le Roi. « Oh, à part un peu d'orgueil, je pense que tu n'as rien laissé là bas » lui dit la Reine pour le réconforter.
Le Roi et la Reine eurent alors l'idée d'employer la chirurgie esthétique. Ils prirent rendez vous avec le plus célèbre chirurgien du royaume. Ils prirent un peu peur lorsqu'ils virent des photos du chirurgien avec des célébrités certes, mais assez amochés néanmoins, Michael Jackson, Cher et Xavière Tibéri (ne me dites pas que c'est naturel, je ne vous croirais pas). Lorsqu'ils entrèrent tous les trois dans le cabinet du chirurgien, il leur pria d'attendre qu'il finisse tranquille et demanda à son scribe de lui donner du papier. Une fois dans le bureau du grand ponte, il leur dit « Je n'ai pas besoin de vous demander qui est la patiente.» « Nous sommes désespérés docteur » s'écria le Roi. « Oui c'est vrai, nous avons même eu l'idée insensée de la refiler à un gueux. » soupira la reine, qui avait du ranger avec regret tous son attirail de défense.
(A suivre)